« Sans le travail des collecteurs,
depuis le XIX° siècle, la musique bretonne serait
morte ! » Cette phrase, dont le sens semble évident, traduit également
le contraire de ce qu’elle avance. En effet, s’il n’y avait eu de
collecteurs, la musique bretonne
nous serait parvenue dans son intégralité. Si la culture orale n’avait
pas progressivement déclinée, les collecteurs n’auraient
eu aucune place en Bretagne. Ce n’est que, parce
que la transmission orale de la musique
ne s’est plus faîte, que le rôle des collecteurs
a pris tout son sens, depuis près de deux siècles maintenant.
C’est au moment de la révolution française
qu’eu lieu le premier tremblement de terre culturel breton.
L’avènement de la République, les changements profonds de société,
les guerres et terreurs qui s’ensuivirent, jusqu’à Napoléon
provoquèrent une rapide désaffection de la culture bretonne.
L’industrialisation de la France (et non de la Bretagne)
mit un terme à la transmission orale de cette langue
et de ses moyens d’expressions. Les jeunes générations, s’en revenant
de guerre n’éprouvaient plus les mêmes aspirations. L’industrialisation
quant à elle modifia en profondeur le rapport de l’homme à la nature,
détruisant toutes spontanéités populaires.
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Jeremie Pierre JOUAN