La monarchie bretonne, du Duché
de Bretagne joua également un rôle important dans l’élaboration
de la musique bretonne. Les chants épiques
resurgirent. Avec le nouveau millénaire, ce fut l’heure de la matière
bretonne : le roman de la Table Ronde
, Tristan et Iseult. Les musiciens bretons
parcouraient le monde européen.
Avec le duc Jean IV, l’art en
général et la musique en particulier prirent une
dimension politique. Avec ce Duc, très fortement anglophile, ce
fut le retour, par le même chemin que les premiers colons gallois,
de la pensée des îles britanniques. La réforme
de l’Etat donna une place de barde, aux musiciens
qui glorifièrent la « bretonnitude » du peuple,
forme de nationalisme, populaire (et précoce) qui devait éviter
un rattachement, soit à la France , soit à la Grande
Bretagne. Mais son règne fut bref.
Si la Bretagne sut préserver longtemps ses croyances,
et fut d’ailleurs évangélisée par la mer avec l’arrivée des colons
gallois et non par la terre, en 1532, elle fut rattachée à la couronne
de France. Elle conserva jusqu’à la Révolution
de 1789 son Parlement et sa monnaie propre. L’enrôlement des bretons
dans l’armée laissa beaucoup de traces, notamment dans les chansons
bretonnes, où l’on parlait de Napoléon,
de la Turquie et d’endroits que l’on ne connaissait
pas et où l’on était entraîné.
C’est à partir de 1789 que la culture et la langue
bretonnes commencèrent à décliner et à refluer progressivement vers
l’Ouest. Paradoxalement, c'est au siècle suivant, plus exactement
à la chute de Napoléon Bonaparte, que, devant l'avènement
de l'ère industrielle, qui modifiait en profondeur
la société, émergea un courant intellectuel d'opposition qui permit
le romantisme. Initié par Théodore Hersart
de La Villemarqué et son Barzaz Breiz,
de nombreux collecteurs
publièrent leurs ouvrages de collectages,
parcourant la Bretagne à la recherche de la perle
rare, de la gwerz
(complainte) celtique par excellence, non corrompue
par le temps. Ce faisant, ils répertoriaient un patrimoine
qui, doucement, disparaissait, emportant avec lui une part de la
mémoire collective humaine. Ce renouveau celtique,
l'un des rares depuis le Moyen-Âge, à permettre
à la Bretagne d'exporter sa culture, débuta en
1839 (première publication du Barzaz Breiz de Théodore
Hersart de La Villemarqué ) pour se terminer au début du
XX° siècle, avec Maurice Duhamel.
Jeremie Pierre JOUAN